8 décembre 2025

Le prolapsus génital, aussi appelé descente d’organes, est une pathologie courante affectant principalement les femmes, en particulier après des grossesses multiples ou à la ménopause. Il s’agit du glissement d’un ou de plusieurs organes pelviens (utérus, vessie, rectum) à travers la paroi vaginale, en raison d’un affaiblissement des structures de soutien du plancher pelvien. Cette affection, souvent banalisée ou passée sous silence, peut pourtant entraîner des troubles fonctionnels gênants. Heureusement, plusieurs options thérapeutiques existent aujourd’hui, permettant d’adapter le traitement à chaque cas, en fonction de la gravité du prolapsus et des besoins de la patiente.

Comprendre le prolapsus pour mieux le traiter

Le prolapsus génital se manifeste par une sensation de pesanteur pelvienne, des douleurs dans le bas-ventre, des troubles urinaires (fuites, difficultés à uriner), des difficultés à aller à la selle, ou encore une gêne ou une douleur lors des rapports sexuels.

Il existe différents types de prolapsus :

  • Cystocèle : descente de la vessie dans le vagin ;
  • Rectocèle : descente du rectum ;
  • Prolapsus utérin : affaissement de l’utérus ;

Selon l’organe concerné, le traitement peut varier.

Les traitements non chirurgicaux : premières lignes de prise en charge

Pour les formes débutantes ou modérées de prolapsus, des solutions non chirurgicales sont généralement proposées. Elles sont aussi indiquées chez les patientes présentant des contre-indications opératoires ou souhaitant éviter la chirurgie.

1. Rééducation périnéale

La rééducation du plancher pelvien est une méthode de première intention pour renforcer les muscles affaiblis qui soutiennent les organes génitaux. Elle consiste en des exercices ciblés, tels que les exercices de Kegel, qui permettent de tonifier les muscles périnéaux.

Cette rééducation est encadrée par un kinésithérapeute spécialisé. Des techniques comme le biofeedback ou l’électrostimulation peuvent être utilisées pour aider la patiente à mieux localiser et contracter les muscles concernés. Bien menée, cette approche peut réduire les symptômes et ralentir l’évolution du prolapsus.

2. Utilisation de pessaires vaginaux

Le pessaire est un petit dispositif souple, inséré dans le vagin, qui soutient mécaniquement les organes descendus. Il existe en différentes formes (anneau, cube, donut) et tailles, selon le type de prolapsus et la morphologie de la patiente.

C’est une solution simple, non invasive, souvent bien tolérée, qui permet de soulager les symptômes sans recourir à la chirurgie. Le pessaire est particulièrement utile chez les femmes âgées, celles ayant des pathologies chroniques, ou en attente d’une intervention chirurgicale. Un suivi médical régulier est nécessaire pour vérifier l’absence de complications (infections, lésions locales).

3. Traitement hormonal local

Chez les femmes ménopausées, un traitement local à base d’œstrogènes peut améliorer la trophicité. Ce traitement ne corrige pas le prolapsus, mais contribue à une meilleure qualité de vie.

Les traitements chirurgicaux : corriger de façon durable

Lorsque le prolapsus est important, très gênant ou résistant aux traitements conservateurs, une intervention chirurgicale peut être envisagée. 

  1. Hystérectomie avec cure de prolapsus

En cas de prolapsus utérin sévère, l’ablation de l’utérus (hystérectomie) peut être réalisée par voie vaginale ou par coelioscopie. Cette intervention est souvent associée à une réparation des structures de soutien du vagin afin d’éviter la récidive.

2. Suspension vaginale ou utérine

Si la patiente souhaite conserver son utérus, des techniques de suspension peuvent être pratiquées. La plus connue est la sacrocolpopexie (ou sacrohystéropexie si l’utérus est conservé), qui consiste à fixer le vagin ou l’utérus au ligament du sacrum à l’aide d’une bandelette synthétique. Cette intervention, souvent réalisée par cœlioscopie, offre de très bons résultats à long terme, notamment en cas de récidive.

3. Réparations pariétales

Dans les cas de cystocèle ou rectocèle, on peut renforcer les parois du vagin en les suturant, avec ou sans l’aide de renforts prothétiques. L’usage des filets (ou « mesh ») vaginaux est aujourd’hui limité, en raison des risques de complications (douleurs chroniques, érosions, infections). Ils sont réservés à des cas bien spécifiques, après échec des autres techniques.

Une prise en charge personnalisée

Le choix du traitement repose sur une évaluation approfondie par un médecin spécialiste (gynécologue, urologue ou chirurgien pelvien). Plusieurs éléments sont pris en compte : l’âge, l’état de santé général, la sévérité des symptômes, le type de prolapsus, et les attentes de la patiente (préservation de la fertilité, retour à une vie sexuelle confortable, etc.).

Il est essentiel d’instaurer une relation de confiance avec la patiente, de l’informer sur les bénéfices et les risques de chaque option thérapeutique, et de l’impliquer pleinement dans la décision.

Conclusion

Le prolapsus génital est une pathologie fréquente mais souvent sous-diagnostiquée. Grâce aux progrès de la médecine, il est aujourd’hui possible de proposer des traitements variés, adaptés au stade de la maladie et au profil de chaque femme. De la simple rééducation aux techniques chirurgicales avancées, la prise en charge est désormais personnalisée et centrée sur la qualité de vie. L’important est de briser le silence autour de ce trouble intime, d’en parler sans honte à son médecin, et de s’engager dans un parcours de soins efficace et respectueux des besoins de chacune.

Pour une meilleure pris en charge, voir TRAITEMENT PROLAPSUS GENITAL CASABLANCA

Laisser un commentaire